On peut diviser en trois classes les différentes sortes de produit brut dont nous venons de parler.
La première comprend ces sortes de produits sur la multiplication desquels l’influence de l’industrie humaine est nulle ou à peu près nulle.
La seconde comprend ceux qu’on peut multiplier en proportion de la demande.
La troisième, ceux sur la multiplication desquels l’industrie humaine n’a qu’une puissance bornée ou incertaine.
Dans les progrès que fait un pays en opulence et en industrie, le prix réel de cette première classe de produits peut s’élever jusqu’au degré le plus haut qu’on puisse imaginer, et il ne semble contenu par aucunes bornes. Celui de la seconde classe peut bien monter très-haut, mais il a de certaines limites qu’on ne peut guère dépasser pendant une suite de temps un peu longue. Celui de la troisième classe, quoiqu’il ait une tendance naturelle à s’élever dans l’avancement progressif du pays vers l’opulence, cependant le degré d’avancement du pays étant le même, ce prix peut venir quelquefois à baisser, quelquefois demeurer fixe, et quelquefois hausser plus ou moins ; le tout selon que les efforts de l’industrie humaine réussiront plus ou moins, d’après les diverses circonstances, à multiplier cette sorte de produit brut.
Titre original : An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations · Parution : Londres, 1776 · Traduction : Germain Garnier († 1821), revue et corrigée par Adolphe Blanqui († 1854) · Année de la traduction : 1802 ; édition revue de 1843 · Édition reproduite : Guillaumin, Paris, 1843, avec les notes des commentateurs (Buchanan, Garnier, Mac Culloch, Malthus, J. Mill, Ricardo, Sismondi, J.-B. Say, Blanqui) · Source : Wikisource, fac-similé de l’édition de 1843 · Licence : domaine public.

