Chapitre XI — De la rente de la terre ou du fermage
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Deuxième période.

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La Richesse des nations, d’Adam Smith.
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Adam Smith, La Richesse des nations (1776) — livre I, chapitre xi — Deuxième période.

Autant les opinions des écrivains ont varié sur les progrès de la valeur de l’argent pendant cette première période, autant elles se trouveront unanimes sur ces progrès pendant la seconde.

De 1570 environ, jusqu’à 1640, pendant une période d’environ soixante-dix ans, la proportion entre la valeur de l’argent et celle du blé a varié dans un sens tout à fait opposé.

L’argent a baissé dans sa valeur réelle, ou s’est échangé contre une moindre quantité de travail qu’auparavant, et le blé s’est élevé dans son prix nominal, et au lieu de se vendre communément environ 2 onces d’argent le quarter, ou environ 10 schellings de notre monnaie actuelle, il s’est vendu jusqu’à 6 et 8 onces d’argent, c’est-à-dire environ 30 et 40 schellings de notre monnaie actuelle.

Cette diminution de la valeur de l’argent, relativement à celle du blé, ne paraît pas avoir eu d’autre cause que la découverte des mines abondantes de l’Amérique. Aussi, chacun en donne-t-il la même raison, et il n’y a jamais eu, à cet égard, de dispute ni sur le fait ni sur sa cause. Pendant cette période, la majeure partie de l’Europe avançait en industrie et en opulence et, par conséquent, la demande d’argent y doit avoir été toujours en augmentant. Mais l’augmentation de l’approvisionnement, à ce qu’il semble, a tellement surpassé celle de la demande, que la valeur de ce métal n’en a pas moins baissé considérablement. Il faut observer que la découverte des mines de l’Amérique ne paraît pas avoir influé d’une manière sensible sur le prix des choses en Angleterre, avant 1570, quoiqu’il y eût déjà plus de vingt ans que les mines, même du Potosi, fussent découvertes.

De 1595 inclusivement à 1620 aussi inclusivement, le prix moyen du quarter de neuf boisseaux du plus beau froment au marché de Windsor paraît, suivant les comptes du collège d’Eton, avoir été de 2 livres 1 schelling 6 deniers 9/13. En négligeant la fraction, et déduisant de cette somme un neuvième ou 4 schellings 7 deniers 1/3, le prix du quarter de 8 boisseaux serait revenu à 1 livre 16 schellings 10 deniers 2/3. Et en négligeant encore la fraction, et déduisant de cette somme un neuvième ou 4 schellings 1 denier 1/9 pour la différence de prix entre le plus beau froment et celui de qualité moyenne, le prix de ce dernier serait revenu à environ 1 livre 12 schellings 8 deniers 8/9, ou environ 6 onces et un tiers d’once d’argent.

De 1621 inclusivement à 1636 aussi inclusivement, le prix moyen de la même mesure du plus beau froment au même marché, d’après les mêmes comptes, paraît avoir été de 2 livres 10 schellings, de laquelle somme faisant les mêmes déductions que dans le cas précédent, le prix moyen du quarter de huit boisseaux de blé de moyenne qualité serait revenu à 1 livre 19 schellings 6 deniers, ou à environ 7 onces et deux tiers d’once d’argent.


Titre original : An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations · Parution : Londres, 1776 · Traduction : Germain Garnier († 1821), revue et corrigée par Adolphe Blanqui († 1854) · Année de la traduction : 1802 ; édition revue de 1843 · Édition reproduite : Guillaumin, Paris, 1843, avec les notes des commentateurs (Buchanan, Garnier, Mac Culloch, Malthus, J. Mill, Ricardo, Sismondi, J.-B. Say, Blanqui) · Source : Wikisource, fac-similé de l’édition de 1843 · Licence : domaine public.