Chapitre V — Des primes
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Digression. — Sur le commerce des blés et sur les lois y relatives.

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La Richesse des nations, d’Adam Smith.
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Adam Smith, La Richesse des nations (1776) — livre IV, chapitre v — Digression. — Sur le commerce des blés et sur les lois y relatives.

Digression. — Sur le commerce des blés et sur les lois y relatives.1

Je ne puis terminer ce chapitre sur les primes, sans observer qu’il n’y a rien de moins mérité que les éloges qu’on a donnés à la loi qui établit la prime à l’exportation des blés, et à tout ce système de règlements qui s’y trouve lié. Pour démontrer la vérité de mon assertion, il ne faut que faire un examen particulier de la nature du commerce des blés et des principales lois anglaises relatives à ce commerce. La longueur de la digression sera bien justifiée par la grande importance du sujet.

Le commerce de marchand de blé se compose de quatre branches différentes, qui peuvent bien quelquefois être exercées par la même personne à la fois, mais qui n’en constituent pas moins, par leur nature, quatre commerces distincts et séparés. Ces branches sont :

1° Le commerce du marchand qui trafique sur le blé dans l’intérieur seulement ;

2° Celui du marchand qui importe du blé étranger pour la consommation du pays ;

3° Celui du marchand qui exporte à l’étranger le blé produit dans le pays ;

Et 4° celui du marchand voiturier ou du marchand qui importe du blé étranger, dans la vue de le réexporter ensuite.

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Il y a peu de sujets qui aient donné naissance à une controverse plus vive que la législation des céréales, en France et en Angleterre. Cependant, nous n’avons pas cru devoir reproduire les notes dont les commentateurs anglais d’Adam Smith ont inondé ce chapitre de son ouvrage. La législation anglaise des céréales est une des formes de l’exploitation de la partie laborieuse de la population par la partie oisive. À quoi bon discuter avec les loups au profit des moutons ? — Quant à ce qui concerne la France, nous sommes heureusement loin du temps où Turgot, Necker, l’abbé Galiani, les économistes et leurs adversaires préludaient aux grandes luttes politiques de la Révolution par leurs curieuses discussions sur la liberté du commerce des grains. Tous ces livres sont aujourd’hui oubliés. Il ne reste que le souvenir des nobles efforts de Turgot, et la conviction que le meilleur préservatif de la disette est la plus grande somme de liberté compatible avec la juste rémunération du travail agricole. A. B.


Titre original : An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations · Parution : Londres, 1776 · Traduction : Germain Garnier († 1821), revue et corrigée par Adolphe Blanqui († 1854) · Année de la traduction : 1802 ; édition revue de 1843 · Édition reproduite : Guillaumin, Paris, 1843, avec les notes des commentateurs (Buchanan, Garnier, Mac Culloch, Malthus, J. Mill, Ricardo, Sismondi, J.-B. Say, Blanqui) · Source : Wikisource, fac-similé de l’édition de 1843 · Licence : domaine public.