VII. LE CONTRÔLE — LA COLONNE DE LYS
La Colonne de Lys est la police suprême du régime. Elle contrôle les organes de l’État, y compris les forces de sécurité.
Structure
La Colonne comprend plusieurs colonnes, chacune chargée du contrôle d’un domaine — dont une colonne chargée du contrôle de la Colonne elle-même.
Chaque colonne a un directeur. Mandat de cinq à dix ans, non renouvelable, sous surveillance renforcée.
La Colonne de Lys n’a pas de directeur. Elle a des dirigeants, réunis sous une même bannière.
Personne ne tient à lui seul l’appareil de contrôle. C’est la garantie centrale, et elle est structurelle et non déclarative.
La règle qui évite le climat de délation
C’est le risque le plus grave d’un appareil de contrôle, et il a détruit tous ceux qui l’ont ignoré : une organisation où chacun surveille chacun cesse de travailler et se met à se dénoncer.
Le contrôle doit être prévisible, jamais omniprésent.
Audits programmés, critères publiés, périmètre écrit. On sait quand on est contrôlé et sur quoi. C’est ce qui produit la conformité. La surveillance permanente et imprévisible produit la paralysie, la peur et la délation — exactement l’inverse du but recherché.
Le renseignement intérieur
Relève de la Colonne de Lys.
Réserve inscrite au dossier : réunir le renseignement et le contrôle dans une même institution est la structure de ce qu’on appelle ailleurs une police politique. La direction collégiale, les mandats non renouvelables, la colonne d’autocontrôle et la règle du contrôle prévisible sont ce qui doit l’en empêcher. Ce point mérite d’être réexaminé périodiquement — c’est le plus dangereux de toute l’architecture.
VIII. LE MAINTIEN DE L’ORDRE
La France avait la meilleure doctrine d’Europe. Elle l’a abandonnée.
Le « maintien de l’ordre à la française » était étudié à l’étranger comme un modèle : unités spécialisées formées uniquement à cela — CRS et gendarmerie mobile — tenue à distance, absence de contact, encerclement, patience. On usait la manifestation, on ne l’affrontait pas.
Ce qui a changé à partir de 2016-2018 : doctrine de mobilité et de contact, interpellations en cours de manifestation, et engagement d’unités non spécialisées — dont la BAC — au milieu des foules.
Le résultat est chiffré :
| Bilan des gilets jaunes | |
|---|---|
| Morts | 2 |
| Blessures à la tête | 315 |
| Personnes ayant perdu un œil | 24 |
| Personnes ayant perdu une main | 5 |
| Manifestants blessés | 2 448 |
| Policiers et gendarmes blessés | 1 717 |
| Tirs de LBD, novembre 2018 - mars 2019 | plus de 13 000 |
Et du côté de la responsabilité : 212 enquêtes de l’IGPN, 54 classées sans suite, un seul CRS condamné.
Ce n’est pas devenir allemand que nous proposons. C’est revenir à ce que nous avions inventé.
La doctrine rétablie
- Seules les unités spécialisées — CRS et gendarmerie mobile — tiennent une manifestation. Aucune unité d’intervention ou de police locale n’y est engagée. C’est une compétence de métier, pas un renfort d’appoint
- Distance, encerclement, patience. On contient, on ne charge pas. Le contact est l’exception, jamais la méthode
- Retrait du LBD du maintien de l’ordre. Une arme dont plus de 13 000 tirs produisent 24 énucléations n’est pas une arme de foule. Son usage dans d’autres cadres est à trancher séparément
- Moyens de contention plutôt que projectiles — canon à eau, barrages, dispositifs de séparation
- Équipes de liaison avant l’événement, sur le modèle allemand : on prend contact avec les organisateurs, on connaît le parcours, on désamorce en amont. Ce qui n’est pas préparé se règle à coups de grenade
- Numéro d’identification visible, grand, lisible et effectivement porté, sous peine de sanction. La règle existe déjà et n’est pas respectée — c’est la mesure la moins coûteuse et la plus efficace pour la responsabilité
- Contrôle par la section compétente de la Colonne de Lys. 212 enquêtes pour une condamnation n’est pas un contrôle : c’est un affichage
Pourquoi c’est aussi de l’intérêt du Mouvement
Nous manifesterons, et nous serons du mauvais côté des matraques avant d’être de l’autre. Un mouvement qui accepte que l’État mutile des manifestants accepte d’avance qu’il mutile les siens.
Et c’est vrai aussi une fois au pouvoir : un régime qui éborgne fabrique des martyrs, radicalise ceux qui ne l’étaient pas, et perd sa légitimité auprès de ceux qu’il voulait convaincre. Ce n’est pas seulement injuste — c’est militairement stupide.
On ne gouverne pas un peuple qu’on a mutilé.
Et 1 717 policiers blessés dit l’autre moitié : la doctrine de contact expose aussi les policiers. La distance protège les deux camps.
IX. L’USAGE DE LA FORCE
Le principe
La force est le dernier moyen, employée dans la mesure strictement nécessaire, et il en est rendu compte à chaque fois.
Encadrement écrit, formation continue à la désescalade, débriefing systématique après chaque usage, sanction publiée en cas d’abus.
Le tir sur véhicule en fuite
La loi de 2017 a élargi l’usage des armes pour immobiliser un véhicule dont le conducteur refuse d’obtempérer.
Les chiffres :
| Période | Morts lors de refus d’obtempérer |
|---|---|
| Juillet 2011 - février 2017 | 4 |
| Mars 2017 - octobre 2022 | 25 |
Et les tirs ont bondi de 47 % l’année de l’adoption — 137 en 2016, 202 en 2017 — pour s’installer durablement au-dessus du niveau antérieur.
La mission d’information de l’Assemblée nationale s’est refusée à conclure sur la causalité. La corrélation, elle, n’est pas discutable.
Notre position : cette disposition est révisée.
L’argument n’est pas sentimental, il est opérationnel. Un refus d’obtempérer est un délit qui se règle par l’immatriculation et l’interpellation ultérieure. Chaque mort produit une émeute, des quartiers brûlés, des mois de tension et une police haïe — pour un délit routier. Le rapport coût-bénéfice est catastrophique, et il l’est d’abord pour la police.
La légitime défense du policier
Même principe que pour le citoyen (voir chapitre Justice) : ne pas avoir initié, ne pas s’acharner. Assorti des règles propres à la fonction, qui exposent le policier à des situations qu’aucun citoyen n’a à affronter.
Et assorti de la même exigence de comptes. Une police protégée quand elle a raison et sanctionnée quand elle a tort est une police respectée. Une police jamais sanctionnée est une police haïe — y compris par ceux qui la servent bien, car ce sont eux qui portent le discrédit des autres.
X. MESURES D’ÉTAT
Obligation d’équipement d’alarme des logements, sur le modèle du détecteur de fumée.
Réserve : une obligation de ce type fait porter le coût de la sécurité sur les ménages, et frappe d’abord les modestes. Elle n’est acceptable qu’accompagnée d’une prise en charge par l’État pour les revenus faibles — sans quoi elle contredit tout le reste de notre doctrine. Et son effet réel est de déplacer le cambriolage plus que de le réduire : c’est un complément, jamais une politique de sécurité.
XI. CE QUI RESTE À ÉTABLIR
| Sujet | État |
|---|---|
| Périmètre exact de la simplification de la procédure pénale | Principe posé, comparaison européenne à mener |
| Composition et statut du corps chargé des tâches indues | À définir |
| Reconnaissance faciale | Non tranché |
| Usage du LBD hors maintien de l’ordre | Non tranché — retiré des manifestations, reste à statuer sur les autres emplois |
| Armement individuel — types, dotation, règles de port | Principe posé, détail à écrire |
| Coût de la formation longue et du rééquipement | À chiffrer |
| Capacités de détention transitoires | À définir, lié au chapitre Justice |
| Articulation police judiciaire / parquet | Non traité |
| Police aux frontières et immigration | Renvoyé au chapitre Nation |
| Sécurité privée — statut, périmètre, contrôle | Non traité |
Sources : ministère de l’Intérieur, taux d’élucidation 2021-2022 · Insee et Eurostat, effectifs de sécurité intérieure comparés · rapports parlementaires sur les tâches indues et le temps de travail dans la police nationale · loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur · évaluations de la police de proximité (1998-2003) · bilans des blessures du mouvement des gilets jaunes et données IGPN · article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure et loi du 28 février 2017 · mission d’information de l’Assemblée nationale sur les refus d’obtempérer · littérature internationale sur la formation policière, le maintien de l’ordre et l’usage de la force.

