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La police — diagnostic et structure

DATE:02.10.2026
TEMPS_LECTURE:8_MIN
Emblème du MCCF — rubrique Programme
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Sept cambriolages élucidés sur cent : le diagnostic, puis deux forces voulues, la police de proximité rétablie, les zones perdues, les hommes et le matériel.

I. LE DIAGNOSTIC

Sept cambriolages sur cent sont élucidés

InfractionÉlucidation à un an
Cambriolage de logement7 à 8 %
Vols sans violence, vols liés aux véhiculesne dépassent pas 7 %
Coups et blessures dans le cadre familialplus de 80 %

L’écart s’explique de lui-même : quand l’auteur est connu, on élucide. Quand il faut enquêter, on n’élucide pas.

Pour celui qui cambriole un pavillon, le risque d’être identifié est de sept pour cent. Autrement dit : il n’y a pas de risque.

Et c’est une injustice de classe. Le riche a une alarme, une assurance qui rembourse, un quartier surveillé. L’ouvrier cambriolé perd tout, et l’État lui répond par un récépissé de plainte.

Mais la France n’a pas trop peu de policiers

Environ 359 policiers et gendarmes pour 100 000 habitants — exactement la moyenne européenne. L’Espagne en compte plus de 520, près du double.

Le problème n’est pas le nombre. Il est dans l’emploi du temps.

Les tâches administratives et de gestion occupent près de 40 % du temps de travail d’un policier.

La liste officielle des « tâches indues » est édifiante : gardes de détenus hospitalisés, police des audiences, transfèrements judiciaires, gardes statiques, entretien des véhicules et des bâtiments, travail administratif effectué pour d’autres administrations.

La France n’a pas trop peu de policiers. Elle a des policiers qu’on empêche de faire de la police.

Et la chaîne entière est cassée

7 % d’élucidation → 3,2 procureurs pour 100 000 habitants → 88 654 détenus pour 63 353 places.

Chaque maillon renvoie la faute au suivant, et rien n’arrive jamais à personne. Le policier dit que le parquet classe, le parquet dit qu’il manque de places, le juge dit qu’il n’a pas le temps. Ils ont tous raison — c’est bien le problème.


II. RENDRE LES POLICIERS À LA POLICE

C’est la première mesure, et elle ne coûte presque rien.

Un corps dédié reprend les tâches indues : transfèrements judiciaires, gardes de détenus hospitalisés, police des audiences, gardes statiques, entretien du parc. Ces missions sont nécessaires — elles ne sont simplement pas de la police.

Simplification de la procédure pénale. Le code français est l’un des plus lourds d’Europe. Chaque formalité inutile est une heure d’enquête perdue.

La règle qui guide la simplification :

Le droit de l’individu doit être protégé intégralement — mais l’enquête doit se faire, vite, et sans formalité qui ne protège rien.

Toute formalité doit répondre à une question simple : qui protège-t-elle réellement ? Celles qui protègent le justiciable sont maintenues. Celles qui ne protègent qu’une habitude administrative disparaissent. Comparaison systématique avec les procédures des pays voisins, pour retenir ce qui fonctionne ailleurs.

Budget en hausse, mais après cette réforme et non à sa place : embaucher des policiers pour leur faire remplir des formulaires est de l’argent perdu.


III. LA STRUCTURE

Deux forces, et c’est voulu

La dualité police-gendarmerie est maintenue.

Police nationaleGendarmerie nationale
StatutCivilMilitaire — disponibilité permanente
TerritoireUrbain95 % du territoire, ~50 % de la population
ModèleCommissariatsCaserne, viable en faible densité

L’argument décisif n’est pas l’organisation, c’est la garantie politique :

Deux forces avec deux chaînes de commandement distinctes rendent beaucoup plus difficile la capture du pouvoir coercitif par qui que ce soit.

Un pays à police unique remet toute sa force à un seul homme. Nous avons bâti la Colonne de Lys parce que nous ne faisons confiance à aucune direction, y compris la nôtre. Nous ne fusionnerons pas nos deux forces de sécurité.

En revanche : un seul arrière-guichet. Formation, achats, fichiers, police technique et scientifique, systèmes d’information sont unifiés. On prend l’essentiel des économies et on garde l’intégralité de la garantie.

La police municipale — égalisée par l’État

Elle est conservée : elle connaît le terrain et elle assure une présence visible que les forces nationales ne peuvent pas tenir partout. Et les zones peu peuplées n’ont pas besoin des mêmes moyens que les villes.

Mais son défaut actuel est intolérable : la sécurité est devenue un service qui dépend du budget de la mairie. Commune riche, police équipée. Commune pauvre, rien.

Formation, équipement et normes nationales, financés par l’État. Le pauvre n’est pas moins protégé que le riche.

La police de proximité — rétablie

Des policiers affectés durablement à un quartier, connus de nom, présents à pied.

Ce n’est pas du travail social. C’est du renseignement de terrain, et c’est la seule réponse au chiffre de 7 %.

Un policier qui connaît son quartier sait qui vole. Un policier qui y passe en voiture ne sait rien.

Si l’on n’élucide pas, c’est qu’on ignore qui a commis le fait. C’est un problème d’information avant d’être un problème de sévérité — et la proximité est le seul dispositif connu qui fasse remonter cette information.

Une distinction essentielle : ce sont des policiers, avec leurs pouvoirs et leur uniforme.

Ce n’est pas la politique dite des « grands frères », qui consistait à déléguer à des intermédiaires locaux l’autorité que l’État n’exerçait plus. Le bilan en est mauvais et documenté : on a subventionné des notables de quartier à la légitimité douteuse, parfois liés à ceux qu’ils devaient calmer.

L’État ne sous-traite pas son autorité. Il l’exerce lui-même, en connaissant les gens.

Et elle va de pair avec la reconstruction économique. Une police de proximité dans un quartier sans travail ne fait que gérer la misère. Les deux ensemble reprennent le terrain.


IV. REPRENDRE LES ZONES PERDUES

Objectif : briser les réseaux de stupéfiants qui tiennent des quartiers entiers et fabriquent la délinquance en série.

Tous les criminels identifiés et non arrêtés le sont. L’existence de personnes recherchées, identifiées et jamais interpellées est un aveu d’abandon.

Conséquence à assumer : cela suppose des places. Une politique d’interpellation sans capacité pénitentiaire est une annonce sans effet — voir le chapitre Justice, et prévoir des capacités transitoires.

Et le changement d’indicateur, qui vaut pour toute la police :

On ne mesure plus le nombre d’interpellations. On mesure les réseaux démantelés et les zones reprises.

La politique du chiffre est ce qui a pourri le métier : récompenser le volume d’interpellations conduit à ramasser le consommateur facile plutôt qu’à remonter la filière. On change l’indicateur, on change le comportement. C’est plus efficace que n’importe quelle réorganisation.

La BAC est supprimée

Le sigle est sali et la culture du groupe est installée. Ses missions sont reprises par des sections intégrées de la police, sous encadrement ordinaire.

Mais la dissolution seule ne suffit pas. La culture d’une unité est produite par ses incitations, son recrutement et l’absence de sanction. Dissoudre casse la culture accumulée ; changer l’incitation empêche qu’elle se reforme. Les deux ensemble, ou rien — sinon la même dérive revient en cinq ans sous un autre nom.


V. LES HOMMES

Un gardien de la paix français est formé en un an d’école. En Norvège et en Finlande, c’est une formation de trois ans.

Sept mesures contre la dérive

  1. Formation portée à deux ou trois ans — droit, psychologie, désescalade, technique d’enquête
  2. Évaluation psychologique à l’entrée et tous les trois ans, obligatoire, avec conséquence réelle
  3. Affectation inversée. Les policiers expérimentés sur les terrains difficiles, avec prime. Les jeunes commencent au calme. C’est l’inverse exact de la pratique française actuelle, qui envoie les sortants d’école de vingt-deux ans sur les secteurs les plus tendus
  4. Caméra-piéton en fonctionnement permanent, dont l’agent ne contrôle ni le déclenchement ni la conservation
  5. Rotation obligatoire hors des unités à forte tension après une durée fixée — l’épuisement produit l’escalade
  6. Débriefing systématique après tout usage de la force, sans caractère disciplinaire
  7. Sanction publiée lorsque l’abus est établi

On ne redresse pas une police en la punissant davantage. On la redresse en la formant mieux, en la ménageant, et en ne laissant jamais passer un abus.

Le respect du métier

Uniforme, équipement et conditions de travail refaits progressivement. L’état actuel du matériel est une insulte faite à ceux qui l’utilisent — et un pays qui équipe mal sa police lui dit ce qu’il pense d’elle.


VI. LE MATÉRIEL ET L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Modernisation complète des techniques et du matériel — police technique et scientifique, téléphonie, traces numériques, véhicules, protection individuelle.

L’IA de l’État est interne

Toute utilisation de l’intelligence artificielle dans les instances gouvernementales est interne. Modèles hébergés sur le sol national, sur infrastructure d’État, sans dépendance étrangère.

Un État qui confie ses données judiciaires, policières et fiscales à des serveurs étrangers a déjà perdu sa souveraineté, quelles que soient ses lois.

Cybersécurité de premier rang absolu — c’est une condition de survie, pas une ligne budgétaire. Et elle est vaine sans matériel souverain : des processeurs et des systèmes étrangers laissent la porte ouverte au niveau du silicium. Voir le chapitre Énergie et industrie.

Rappel doctrinal : l’IA est un programme. Utilitaire, faillible, jamais omnisciente, jamais une personne. Elle ne décide d’aucune interpellation, d’aucune poursuite, d’aucune peine. Elle traite de l’information pour des hommes qui décident.

Vidéosurveillance

Aux points stratégiques seulement. Le déploiement massif produit surtout du volume d’images que personne n’exploite. Reconnaissance faciale : à trancher.