L’économie s’organise par corps de métier. Les corporations gèrent techniquement leurs secteurs à l’intérieur du plan national : normes de branche, formation, conditions de travail, qualifications, grille des salaires.
Ce ne sont pas des corporations d’Ancien Régime, et encore moins celles de Vichy.
- Les corporations ont été abolies en 1791 par la loi Le Chapelier — un texte libéral, voté pour interdire aux ouvriers toute coalition professionnelle, et qui a servi un siècle durant à réprimer les grèves. Ce sont les libéraux qui les ont détruites, contre les travailleurs. Nous les rétablissons pour les travailleurs.
- Les corporations fascistes et vichystes étaient subordonnées à l’État-parti. Les nôtres sont un contre-pouvoir autonome, doté d’une compétence propre et opposable. C’est l’opposé structurel.
- Notre filiation est catholique et sociale : Quadragesimo Anno (1931) et René de La Tour du Pin, Vers un ordre social chrétien (1907), qui écrivait sur la condition ouvrière quand la droite s’en désintéressait.
La corporation, ce sont les travailleurs du métier eux-mêmes.
Ni administration au-dessus d’eux, ni office d’État, ni organisme de tutelle : une technocratie démocratique. Ceux qui savent le métier décident du métier, élus par ceux qui l’exercent, avec rotation obligatoire des mandats.
Quand nous disons « la corporation décide », nous disons : les travailleurs décident.
Elles ne sont pas un État dans l’État : leurs ressources reviennent à la nation, qui les redistribue.
Les syndicats demeurent indépendants. Ils ne sont ni absorbés ni remplacés. La grille des salaires est établie par la corporation et les syndicats, avec validation de l’État — trois parties, aucune ne décide seule.
Quand deux corporations s’opposent, l’État tranche. C’est sa fonction d’arbitre : l’intérêt général prime sur l’intérêt sectoriel.