Objectif : autosuffisance énergétique complète.
Le nucléaire, et au-delà
Le parc existant fait déjà de la France le pays le plus décarboné d’Europe après la Norvège — 19,6 g CO₂/kWh, contre 330 g en Allemagne et environ 550 g en Chine. C’est le fruit d’un choix étatique et planifié, pris contre le marché.
Mais le nucléaire actuel ne nous rend pas autosuffisants : nous importons l’uranium. L’autonomie réelle passe par une filière que la France a maîtrisée puis abandonnée.
Les surgénérateurs. Un réacteur à neutrons rapides utilise l’uranium soixante fois mieux et consomme l’uranium appauvri — dont la France détient plusieurs centaines de milliers de tonnes sur son sol. Ce stock représente des siècles d’électricité sans importer un gramme.
- Superphénix, à Creys-Malville — arrêté en 1997 sous pression politique
- ASTRID, son successeur — abandonné en 2019
Relance immédiate de la filière à neutrons rapides. C’est une technologie française, éprouvée, sabordée par des décisions politiques. C’est la voie de l’énergie quasi illimitée, et elle ne demande aucun pari scientifique.
La fusion reste l’horizon. Le plus grand projet mondial, ITER, est en France, à Cadarache — et la Chine et la Russie en sont membres. Effort national maintenu, coopération élargie. Un budget exploratoire est également maintenu sur les voies non conventionnelles : une nation qui cesse de chercher cesse d’avancer.
Sortir du pétrole
Le pétrole est une dépendance étrangère totale. La sortie n’est pas une contrainte écologique : c’est une nécessité de souveraineté.
| Voie | Fondement |
|---|---|
| Hydrogène par électrolyse | Exige une électricité abondante et décarbonée. La France est le seul grand pays où l’hydrogène propre est réellement viable |
| Moteur thermique à hydrogène | Conserve le parc automobile et l’industrie mécanique existants |
| Carburants de synthèse | Électricité nucléaire + carbone capté. Fonctionnent dans les moteurs actuels |
| Ammoniac et engrais azotés | Hydrogène nucléaire → engrais sans dépendance au gaz. C’est la souveraineté alimentaire |
Le nucléaire n’est pas seulement notre électricité : c’est notre pétrole de remplacement.
Nous refusons le tout-batterie. Non pour des raisons de carbone, mais de ressources et de souveraineté : le lithium, le cobalt et le nickel sont finis, leur recyclage demeure médiocre, et la Chine contrôle l’essentiel du raffinage mondial. Généraliser la batterie, c’est troquer la dépendance au pétrole du Golfe contre une dépendance à la chaîne chinoise. La recherche continue sur toutes les voies, sans en écarter aucune par principe.
L’informatique souveraine
Nous ne prétendons pas maîtriser seuls toute la chaîne des semi-conducteurs — aucun pays au monde ne le fait, et la lithographie de pointe est un monopole mondial d’une seule entreprise. Nous visons ce qui est atteignable et qui couvre l’essentiel des besoins réels :
- Les nœuds matures — automobile, industrie, défense, électronique de puissance, capteurs. C’est la grande majorité des puces réellement utilisées
- Les briques françaises existent : STMicroelectronics à Crolles, Soitec à Bernin, le CEA-Leti à Grenoble
- L’architecture RISC-V, ouverte, affranchit des licences américaines et britanniques
Et la cybersécurité sans matériel souverain est du théâtre. Des processeurs et des systèmes étrangers laissent la porte ouverte au niveau du silicium.
Ressources et diplomatie
Nous ne produisons pas nos matières premières. La souveraineté n’est donc pas l’autarcie : c’est la maîtrise de nos dépendances.
- Fin de la Françafrique. La France n’a plus de colonies et n’en aura plus jamais. À la place : traités de coopération à intérêts mutuels avec les États d’Afrique — ressources, formation, industrie, transferts de technologie.
- Coopération militaire uniquement sur demande explicite de l’État souverain, sous traité public et avec date de sortie inscrite. C’est ce qui sépare l’alliance de la tutelle.
- Traités bilatéraux avec la Russie, la Chine et les États émergents. Amitié et entraide dans la limite des intérêts mutuels.
- Aucune vassalité, dans aucune direction. Nous ne remplaçons pas un maître par un autre. Relations correctes avec l’Occident, sans compromission et sans confiance naïve.