Le principe
Un État qui bat sa propre monnaie ne peut pas faire faillite dans cette monnaie. L’excédent budgétaire n’est pas un objectif — c’est une importation idéologique. La contrainte réelle est l’inflation.
Mais c’est précisément pour cela que l’impôt reste nécessaire. Dans notre système, il ne sert pas à « payer » : il sert à détruire de la monnaie — c’est notre frein anti-inflation — et à soutenir la demande de franc national, qui n’a aucun marché de change et dont la valeur repose sur le fait qu’on en a besoin pour payer l’impôt.
Fin de l’asphyxie fiscale ne signifie pas fin de l’impôt. Cela signifie que l’on cesse de frapper le travail et la production.
Suppression de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises socialisées
On ne taxe pas l’entreprise. On en est propriétaire.
L’État touche 49 % des bénéfices à la source, en tant qu’associé. Plus une déclaration, plus un contrôle fiscal, plus une optimisation possible — on n’optimise pas une part d’actionnaire.
| PME et artisans | ETI | Grandes entreprises | Secteurs stratégiques | |
|---|---|---|---|---|
| Propriété | 100 % privée | 100 % privée | Patron 51 % / État 49 % | Publique |
| Fiscalité | IS allégé | IS | Plus d’IS | Sans objet |
Bande de transition progressive, pour qu’aucune entreprise n’ait intérêt à cesser de grandir :
| Effectif | Part de l’État |
|---|---|
| < 1 000 | 0 % |
| 1 000 → 5 000 | 10 %, 20 %, 30 %, 40 % |
| ≥ 5 000 | 49 % |
On ne perd jamais à croître.
Le budget de transformation
Nous ne créons pas d’impôt nouveau. Nous cessons de payer deux fois.
Une correction que nous faisons nous-mêmes
On cite souvent le chiffre de 211 milliards d’aides publiques aux entreprises, établi par une commission d’enquête du Sénat. Il est exact — et il serait malhonnête de le porter entièrement en recette.
Environ 75 milliards de ce total sont des exonérations de cotisations que nous conservons, puisque nous voulons précisément alléger le travail.
Notre chiffre de travail est donc d’environ cent milliards, et non deux cent onze. Nous le corrigeons nous-mêmes, avant qu’un adversaire ne le fasse — c’est ainsi qu’on garde le droit d’exiger la rigueur des autres.
Ce qui disparaît
| Poste | Montant |
|---|---|
| Aides publiques aux entreprises | ≈ 100 Md€ (sur les 211 du rapport sénatorial, hors exonérations conservées) |
| Charge de la dette | 74 Md€ en 2026 — premier poste du budget de l’État, devant la Défense |
| Indemnisation du chômage | Fortement réduite — de l’ordre de 25 à 30 Md€ économisés sur 40. Le droit au chômage subsiste pour les périodes courtes : nous ne supprimons pas la protection, nous supprimons sa cause |
| RSA, prime d’activité, aides d’urgence | ~30 Md€ |
| Total libéré | ≈ 230 Md€ |
On ne subventionne pas une entreprise dont on est propriétaire. On ne paie pas d’intérêts quand on maîtrise sa banque centrale. Et la prime d’activité est une subvention aux employeurs qui sous-paient — quand le salaire suffit, elle n’a plus d’objet.
Ce qui apparaît
| Poste | Coût | Fiabilité |
|---|---|---|
| Retraite à 60 ans | +40 à 60 Md€ | Établi |
| Congé parental 3 ans | ~25 à 30 Md€ | Établi |
| Classes à quinze en maternelle, CP, CE1 | ~5 Md€ — environ 58 000 enseignants supplémentaires | Estimation à confirmer |
| Doublement des magistrats, triplement du parquet | ~3 à 5 Md€ | Estimation à confirmer |
| Police — formation longue, effectifs, conditions | ~5 Md€ | Estimation à confirmer |
| Défense — programme sans dépendance étrangère, stocks | +15 à 20 Md€ | Estimation à confirmer |
| Total identifié | ≈ 90 à 120 Md€ |
À 60 ans, le système dégage une marge. À 55 ans, il exige que les gains de productivité soient déjà acquis — c’est pourquoi ce palier est conditionné.
L’addition, faite honnêtement
| Libéré | ≈ 230 Md€ |
| Nouvelles dépenses identifiées | ≈ 90 à 120 Md€ |
| Marge | ≈ 110 à 140 Md€ |
| Plus le prélèvement de propriétaire | ≈ 63 Md€ pour le seul CAC 40 (49 % de 129 Md€ de bénéfice net 2024), davantage sur les ~287 entreprises concernées |
La transformation est finançable, et elle l’est sans créer un seul impôt. Mais nous n’avons pas encore chiffré la santé, les transports ni la culture : la marge existe, elle n’est pas infinie, et nous le dirons quand nous l’aurons épuisée.
« La France verse cent milliards d’aides aux entreprises sans contrepartie, et soixante-quatorze milliards d’intérêts à ses créanciers — plus que sa Défense. Nous ne créons pas d’impôt : nous arrêtons de payer deux fois. »
Mais le vrai budget n’est pas en euros
Tout ce qui précède est une traduction. Elle est utile pour parler aux gens habitués à ce langage. Elle n’est pas la contrainte réelle.
Un État qui maîtrise sa monnaie ne manque jamais d’argent. Il manque d’hommes, de machines, de matériaux et d’énergie.
On ne vous a jamais dit « il n’y a plus d’ouvriers disponibles » ni « il n’y a plus d’acier ». On vous a dit « il n’y a pas d’argent » — devant des chômeurs, des usines vides et des terres en friche. C’est le mensonge central du système, et notre budget est bâti pour ne plus jamais pouvoir le dire.
Le même programme, traduit dans la seule monnaie qui compte
| Mesure | Ce qu’elle exige réellement | Où est le goulot |
|---|---|---|
| Classes à quinze | ~58 000 enseignants à recruter et former | La formation. On ne fabrique pas 58 000 professeurs en un an — il faut ouvrir les capacités de formation d’abord |
| Doubler les magistrats | ~9 000 magistrats, plus les greffiers | L’École de la magistrature. Sa capacité annuelle est de quelques centaines. C’est une décennie, pas un mandat |
| Retraite à 60 ans | Des millions d’heures de travail retirées de l’appareil productif | La productivité. Elle seule permet de produire autant avec moins d’heures |
| Congé parental 3 ans | Heures retirées, compensées dans vingt ans par la génération élevée | Investissement démographique, pas dépense |
| Réindustrialisation | Acier, énergie, machines-outils, et ouvriers qualifiés | Les qualifications, et les dépendances techniques étrangères |
Regardez la colonne de droite. Aucun de ces obstacles ne se lève avec de l’argent. Le goulot d’étranglement de notre programme n’est jamais financier : c’est toujours un nombre d’hommes formés, une capacité de production ou une dépendance à briser.
Ce que cela impose à notre calendrier
Certaines mesures peuvent être prises le premier jour — la charge de la dette disparaît par décision monétaire, les aides s’arrêtent par décision politique.
D’autres exigent d’ouvrir d’abord le robinet de la formation, et ne produiront leur effet qu’au bout de cinq à dix ans.
Nous ne les présenterons donc jamais ensemble. Un programme qui promet tout pour la première année ment sur la seule chose qui ne se négocie pas : le temps qu’il faut pour former un homme.
Notre règle de présentation
Nous cesserons de chiffrer comme un ministre des Finances. Nous chiffrerons comme un ingénieur.
Non pas : cette mesure coûte tant, financée par tant.
Mais : cette mesure exige tant d’hommes-années, tant de tonnes, tant de mégawatts. Voici où nous les prenons. Voici ce que nous ne ferons pas la même année.
Personne ne peut vous répondre « il n’y a pas d’argent » quand vous avez répondu d’avance en tonnes d’acier et en hommes formés. Et c’est le seul terrain sur lequel nos adversaires n’ont rien préparé — parce qu’ils n’ont jamais eu à y penser.
L’électricité au coût de production
Tarif national fixé au coût réel de production française. Fin de l’indexation sur le prix marginal du gaz européen.
La France est le premier exportateur net d’électricité d’Europe — 92,3 TWh nets en 2025, vers l’Italie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Suisse. Elle produit à 19,6 g de CO₂ avec un parc amorti, et fait payer ses citoyens au prix du gaz allemand.
C’est la démonstration la plus simple de ce que rapporte la sortie de l’UE.
L’architecture fiscale
Prélèvements obligatoires en France : 43,6 % du PIB, environ 1 250 Md€. Le premier poste n’est pas l’impôt — ce sont les cotisations sociales, 443 Md€, soit un tiers du total, assises sur le salaire.
Le pays qui dit vouloir l’emploi taxe le travail plus que tout le reste.
Ce que nous supprimons
| Prélèvement | Traitement |
|---|---|
| Impôt sur les sociétés | Supprimé pour les entreprises socialisées — l’État prend 49 % à la source, en associé. Allégé pour les autres |
| Cotisations patronales des TPE et PME | Supprimées |
| Droits de succession | Supprimés (21,2 Md€) |
| RSA, prime d’activité | Sans objet en plein emploi |
Sur les successions, notre argument est celui-ci : la France est le pays de l’OCDE où cet impôt pèse le plus lourd rapporté au PIB. Et nous le supprimons parce que nous avons plafonné l’accumulation en amont — trois logements, seuil d’entreprise, plafond par personne.
Nous ne prenons pas à la mort ce que nous avons déjà empêché d’accumuler.
Comment la protection sociale est financée
Par l’impôt général, non par le salaire. C’est le modèle danois — cotisations patronales quasi nulles, protection sociale parmi les plus généreuses du monde. Il sert d’un coup trois de nos objectifs : fin de la taxation du travail, plein emploi, soulagement des petites entreprises.
Nous écartons explicitement la cotisation assise sur la valeur ajoutée, souvent proposée : elle frapperait l’entreprise automatisée, c’est-à-dire exactement la productivité dont dépend toute notre trajectoire.
Ce que nous conservons
Un impôt sur la consommation, refondu et progressif par produit — nul sur l’alimentaire et le nécessaire, moyen sur le courant, élevé sur le luxe et l’importé.
Nous le gardons non pour financer, mais parce qu’il remplit deux fonctions vitales que rien d’autre ne peut remplir :
- Détruire de la monnaie. C’est notre frein anti-inflation, au moment même où nous créons massivement du crédit pour reconstruire l’industrie
- Soutenir la demande de franc national. Notre monnaie n’a aucun marché de change — rien ne soutient sa valeur sinon le fait qu’il faut des francs pour payer l’impôt
Et son taux devient notre levier contracyclique, ajustable par le plan : on le monte quand l’économie chauffe, on le baisse quand elle ralentit. Plus rapide et plus fin que l’impôt sur le revenu.
Impôt sur le revenu : fortement progressif, avec un seuil d’entrée défini par le niveau de vie — le plan établit chaque année un revenu décent, et l’impôt ne commence qu’au-dessus. Indexé sur la réalité, jamais sur un chiffre qui vieillit.
Impôt foncier : maintenu, allégé.
On ne taxe pas le pain. On taxe le yacht. Et on ne taxe plus le travail.
Trois leviers qu’aucun État capitaliste ne possède
Notre système a structurellement besoin de moins d’impôt, parce qu’il agit en amont au lieu de réparer en aval.
1. Ne pas émettre. La banque unique contrôle la création monétaire à la source. Un État qui maîtrise l’émission n’a pas besoin de reprendre après coup ce qu’il a laissé sortir de trop.
Un robinet vaut mieux qu’une éponge.
2. Le prélèvement de propriétaire. Les 49 % des grandes entreprises et l’intégralité des secteurs stratégiques retirent de l’argent du circuit sans être un impôt — sans déclaration, sans contrôle, sans évasion possible. On n’optimise pas une part d’actionnaire, et on ne la loge pas aux Bahamas.
3. Le prix administré, qui réduit la monnaie nécessaire pour un même panier sans rien prélever à personne.
Ce que nous ne promettons pas
Nous ne promettons pas la fin de l’impôt. Le modèle danois ne baisse pas le total : il change qui paie et sur quoi.
Nos marges réelles — de l’ordre de 200 Md€ entre les aides aux grandes entreprises que nous cessons de verser, la charge de la dette et les dispositifs devenus sans objet — permettent de descendre de 43,6 % vers 38 à 40 %, et de transformer entièrement la répartition. C’est la plus grande réforme fiscale française depuis un siècle. Ce n’est pas la suppression de l’impôt, et nous ne le prétendrons pas.
Ce n’est pas le montant de l’impôt qui étouffe les Français : c’est qu’il frappe le travail, et qu’il ne revient jamais. Nous cessons de taxer le travail, et nous rendons ce que nous prenons.
Une note de méthode
Le chiffre de 211 Md€ d’aides publiques aux entreprises (commission d’enquête du Sénat, exercice 2023) inclut environ 75 Md€ d’exonérations de cotisations — que nous conservons et étendons. Le montant réellement récupérable est de l’ordre de 80 à 120 Md€ : celui qui va aux grandes entreprises, dont nous sommes désormais propriétaires.
En interne, le chiffre de travail est 100 Md€, pas 211. On ne compte pas deux fois la même somme.