Sortie de l’euro. Retour à une monnaie nationale, gérée par la Banque de France.
Architecture complète dans
MCCF-24 — La monnaie et le change. Ce chapitre n’en donne que le principe.
Deux francs, et deux monnaies à part entière
- Le franc national — fiduciaire et scriptural, inconvertible, indexé sur la production réelle en France, il n’existe sur aucun marché
- Le franc international — numérique à 100 %, détenu librement par les Français, convertible au guichet de la banque publique à parité fixe, un pour un
Le franc international n’est pas un sas administratif : c’est un droit de tirage sur la réserve de change du pays.
La raison n’est pas idéologique, elle est défensive. Une France socialiste aura tous les États capitalistes contre elle, et la monnaie sera la première arme employée.
Une monnaie qui ne se négocie sur aucun marché ne peut pas être attaquée.
C’est mécanique. La livre est tombée en 1992 parce qu’elle était échangeable. Les monnaies asiatiques sont tombées en 1997 pour la même raison. La Malaisie a arrêté net l’attaque de 1998 en instaurant le contrôle des changes. Le franc national est immunisé par construction : il n’existe aucun marché où en prendre position.
Et le franc international ne peut pas être accaparé à la hausse : la Banque de France en fournit une quantité illimitée à parité fixe, et il est garanti en biens français, non en dollars.
Le précédent
La Belgique a fait fonctionner un double marché des changes pendant plus de trente ans — un marché réglementé pour les transactions courantes, un marché libre pour les capitaux — supprimé seulement en mars 1990. Pays occidental, capitaliste, membre fondateur de la CEE. Le système n’a rien d’exotique.
Ce qui le fait tenir
Les systèmes à double monnaie n’ont jamais échoué à cause de la double monnaie. Ils ont échoué à cause de la pénurie et de la file d’attente : quand la devise était officiellement trop bon marché, il fallait rationner, et le prix réel reprenait ses droits ailleurs.
- Aucun bien réservé à une monnaie. Tout ce qui se vend en France s’achète en franc national. Aucune boutique en devises, aucune exception. C’est la règle décisive
- Aucun quota, aucune file. La conversion est de droit, à parité fixe. Ce qui rationne les devises n’est pas un guichet : c’est une surtaxe publiée — par tranche de prix pour les particuliers, par secteur et produit pour les entreprises
- La surtaxe n’est pas une recette : elle est détruite. Personne ne la reçoit, donc personne ne la convoite
- Un thermostat, pas un décideur. La réserve doit couvrir un plancher d’importations essentielles ; au-dessus la surtaxe baisse, en dessous elle monte
- Le circuit national doit être approvisionné. La réindustrialisation n’est pas un complément du système monétaire : elle en est la condition de survie
La dette publique
3 536 Md€, 117,5 % du PIB, dont environ la moitié détenue par des non-résidents. La quasi-totalité est émise sous droit français : en vertu du principe de lex monetae, elle peut être redénominée en francs par une loi française. Redénomination et portage par la Banque de France. (Volet à approfondir.)