Protectionnisme intelligent, et non autarcie — qui est une illusion dangereuse :
- Droits d’entrée élevés sur les produits étrangers dont l’équivalent existe en production française
- Aucun droit sur ce que nous ne produisons pas en quantité ou en qualité suffisantes. Nos concitoyens ne doivent être privés de rien
- Accords à avantages mutuels avec tous les pays qui le souhaitent, en privilégiant l’échange direct — matières premières contre produits finis ou transferts de technologie
Ne pas reconstruire les usines que le capital a fermées. Les délocalisations des années 1970 permettaient au patronat d’éviter les investissements de modernisation en exploitant une main-d’œuvre moins protégée. Nous ne rouvrons pas ces usines-là.
Une productivité fondée sur la technologie, jamais sur l’exploitation des hommes.
Cela exige davantage de travailleurs qualifiés et moins de postes non qualifiés, dont les fonctions reviennent aux machines. La formation est donc un investissement productif, pas une dépense sociale.
Ordre de priorité : secteurs stratégiques d’abord, pour porter l’appareil productif à la pointe · puis les grandes entreprises, pour élever les revenus de la nation · puis appui massif au secteur privé et à l’agriculture.
Le commerce extérieur — la règle de l’avantage mutuel
La priorité n’est pas le commerce. La priorité est notre développement et notre autosuffisance.
Le commerce n’est pas une fin. C’est un moyen, et il n’est légitime que lorsqu’il sert les deux parties.
La règle est unique et elle s’applique à tout accord, sans exception :
Tout accord commercial qui ne respecte pas le principe de l’avantage mutuel est renégocié ou refusé.
Fini les traités signés par habitude, par alignement diplomatique ou par calcul de court terme. Chaque accord est examiné pour ce qu’il rapporte réellement à la France — en emplois, en compétences, en indépendance, en capacité de production. Ce qui ne passe pas ce test ne se signe pas.
Le contre-exemple qui fonde cette règle est français, et il est daté. Au Dillon Round de 1960-1961, l’Europe a ouvert son marché aux oléagineux américains en franchise totale de droits de douane, en échange de l’acceptation de la Politique agricole commune. Soixante ans plus tard, la France importe 90 % du tourteau de soja qui nourrit son bétail.
On a vendu l’autonomie alimentaire de nos éleveurs contre des subventions. Voilà exactement le genre d’accord que nous ne signerons plus.
Trois principes en découlent :
- Ce que nous pouvons produire, nous cessons de l’importer. Ce que nous ne produisons pas, nous l’achetons — sans honte et sans dépendance exclusive
- Accords bilatéraux à avantages mutuels avec tous les pays qui le souhaitent, en privilégiant l’échange direct : matières premières contre produits finis ou transferts de technologie
- Aucune dépendance exclusive envers un fournisseur, dans aucune direction. La souveraineté n’est pas l’autarcie : c’est la maîtrise de ses dépendances et leur diversification
Corollaire industriel : on n’exporte pas de la matière première brute. On exporte du travail français incorporé. (Voir le cas du bois, chapitre Agriculture.)